21 juin 2008
Orvert Latuile vous fait visiter Grenoble #1
Le parc mistral est l’un des rares espaces verts que l’on trouve dans cette ville, en dehors des petites places bien ordonnées où trois mètres carrés de pelouse proprette servent d’écrin chiant à une fontaine à sec ou bien encore à la statue d’un homme illustre pétrifié d’ennui. C’est pourquoi on l’appelle « LE parc».
Mieux qu’un espace vert, le parc est un vrai coin de nature dans une ville trop étouffante. Un coin de nature avec le wifi.
On trouve diverses espèces peuplant le parc : le pigeon con, le moineau et d’autres petit zoiseaux mignons, l’ espiègle écureuil, et enfin le vieux.
Le vieux habite le parc, contrairement aux autres gens qui n’y sont que de passage pour bronzer, jouer au foot ou rattrapper leur chien. Du matin au soir on est sûr de croiser quelques vieux. Quand il n’y a personne, le vieux se déplace lentement dans les grandes allées vides. Espèce autochtone, le vieux n’effraie pas les pigeons ; il les nourrit parfois. Quand il y a du monde le vieux occupe un banc, en se mettant bien au milieu s’il est seul. Si deux vieux veulent disserter, ils s’installeront sur deux bancs voisins, chacun à une extrémité. Les vieux meurent généralement sur leur banc. Comme c’est dégueulasse et qu’on ne veut pas que les enfants jouent avec, les employés chargés du nettoyage les ramassent au petit matin avec les poubelles et les papiers gras.
Les petizoiseaux servent à embellir le parc. à la vue de leurs jeux enfantins le promeneur se réjouit. Ils fournissent également un fond sonore des plus agréables. Ce que l’on ignore c’est que les petizoiseaux nous narguent en permanence, à s’ébrouer mignonnement dans les flaques d’eau, à se poursuivre partout et à jouer continuellement, le tout en volant, en chantant et sans jamais rien foutre de la journée, alors que vous, non, vous ne pouvez pas. Tout de suite on les trouve moins sympathiques.
On les trouve cependant toujours plus sympa que les pigeons cons. Qu’est-ce qu’il a l’air con, le pigeon. Ça façon de marcher est ridicule. Et ce regard... qu’y-a-t’il de plus con que le regard du pigeon ? son chant n’est pas mélodieux non plus. En plus ils sont envahissants, sales, et ils soulèvent beaucoup de poussière et de saletés lorsqu’ils se posent ou s’envolent. Alors que les petizoiseaux s’envolent très rapidement à votre approche, vous permettant ainsi de poursuivre votre chemin ou une jolie joggeuse sereinement, le pigeon, lui, essaie maladroitement de vous éviter, et tente pour cela de marcher très vite, de plus en plus vite, alors que tout le monde sait (sauf lui, vraisemblablement) qu’il n’est pas taillé pour ça. Alors, quand vous avez coupé votre élan (vous faisant perdre alors 10 à 15 mètres sur la joggeuse), ce con de pigeon décide enfin de s’envoler. Font chier, ces pigeons. Mais soyons honnêtes. Ce n’est pas pour ça que le pigeon nous énerve autant. Si l’on déteste ce foutu pigeon c’est parce que même s’il s’y prend au dernier moment, il vole, lui. Il a beau être sale, ridicule et con, il vole, et toi, tu ne pourras jamais. Tu pourras faire ce que tu voudras, jamais tu ne voleras. Et tu peux vraiment vivre avec cette certitude ? moi ça me rend malade.
On notera également dans le Parc la présence de nombreux écureuils malicieux. L'écureuil malicieux n'est pas facile à photographier. Il prend même un malin plaisir à ne pas se laisser photographier. Le procédé est simple:
vous apercevez un écureuil, visiblement malicieux.
Vous vous en approchez lentement, afin de le photographier. Le malicieux rongeur ne bouge pas.
Vous approchez de plus en plus, l'appareil est prêt à saisir numériquement la boule de poils rousse prolongée d'une longue queue touffue.
Vous stoppez, jugeant la distance minimale atteinte, et cadrez lentement l'animal. Vous sentez que ça y est, vous allez avoir une belle photo d'écureuil, votre lente approche que les passants semblaient trouver fort distrayante ne vous aura pas ridiculisé en vain.
Et là, patatra. L'écureuil bondit avec une agilité somme toute assez logique pour un rongeur roux de sa corpulence, sur un tronc, puis sur une branche, puis s'en va se planquer dans le feuillage en vous narguant de ses petits cris. Tout cela n'a duré qu'une seconde, et deux cas de figure s'offre à vous: soit vous n'avez pas pris la photo, et vous êtes dégoûtés, soit vous l'avez prise et elle ne montre qu'un carré de pelouse ombragée; vous êtes quand même dégoûtés. Et ridicule.
Rendons justice aux écureuils, ce n'est pas toujours leur faute. Il arrive que la jeune et jolie joggeuse de tout à l'heure repasse et l'effraie.
À l'ouest du Parc se trouvent des équipements sportifs qui le rongent de plus en plus. À l'est se trouvent un ou deux petits monuments. Si on vous parle des Diables Bleus, ce n'est pas d'une boîte gay aux tendances sado-maso qu'il s'agit, mais d'un monument à la gloire des chasseurs alpins.
Le principal édifice du Parc est la tour Perret. Elle date de l'exposition sur la houille blanche des années 20, mesure 80 mètres et ressemble à un phare. Son béton s'effrite et ça lui donne des allures de vieilles dame. On n'a pas le droit d'y entrer. Et pourtant j'ai envie. J'aimerai trouver une fille que n'effraie pas la perspective de tribulations nocturnes et illégales afin de rejoindre la tour de nuit, ouvrir ses portes dans un grand fracas de bois et de pied de biche, gravir ses marches lentement avec le rire d'enfants faisant une bêtise et à la lueur d'une petite lampe de poche, atteindre le sommet et de là contempler la ville et les montagnes, en profiter pour lui faire des bisous dans le cou, attendre le petit matin et voir le soleil se lever sur la canopée du Parc où les petits zoiseaux s'ébrouent, les écureuils s'amusent et où les pigeons volent.
Orvert Latuile.
ps: les candidates à l'exploration nocturne et aux bisous dans le cou peuvent laisser leurs coordonnées ici même dans les commentaires.
06 mai 2008
Rien à perdre
Ce master était une erreur. Que suis-je venu faire en droit public ? Toi qui lit ces lignes (je préfère employer la deuxième personne du singulier plutôt que la deuxième personne du pluriel, car je sais que vous n'êtes quand même pas bien nombreux à nous lire), toi, donc, qui lit ces lignes (et je t'en remercie), ne t'inscris jamais en fac de droit. Le droit çai mal ! Les cours sont chiants et les profs méchants. On m'objectera que ya plein de filles. C'est vrai, ya pas mal de filles, et même des jolies. Mais elles font du droit !!! Et là tout de suite ça refroidit.
J'aurai dû arrêter tout de suite. Je ne l'ai pas fait. J'ai essayé de m'accrocher. Mais j'ai abandonné les études pour exprimer ma rage sociale face aux libéraux de l'UNI, aux CRS et même face à Olivier Ihl... je sais, je n'ai peur de rien.
Cependant je suis bien obligé de me présenter aux examens. Car je suis boursier. si je ne fais pas les TD, si je ne vais pas aux partiels, ils sont capables de me demander de rembourser tout ce que j'ai touché. Je n'ai peut être pas mérité cet argent, mais j'en ai besoin. donc, je fais tout bien comme il faut. Je me présente donc aux épreuves, et là, j'ai une heure à tuer. Une heure face à un sujet compliqué, auquel même les plus sérieux de mes camarades ne sont pas sûr de savoir répondre. Et je ne suis pas du genre à rendre une copie blanche. Je dirai même que l'ambiance de ces amphis stimule ma créativité.
Donc, en exclusivité pour toi, très chère et ô combien adorée lectrice (sait-on jamais, j'ai peut être des admiratrices), voici retranscrite sur le web mondial ma prose délicieusement décalée.
enjoy.
Droit du contentieux constitutionnel
Vous traiterez l’affirmation suivante de robert badinter (le monde, 24 février 2008) « Toute loi inconstitutionnelle est nécessairement mauvaise. Mais toute loi mauvaise n’est pas nécessairement inconcstitutionnelle ».
« Toute loi inconstitutionnelle est nécessairement mauvaise. Mais toute loi mauvaise n’est pas nécessairement inconcstitutionnelle ». C’est ce qu’affirmait Robert Badinter dans Le Monde daté du 24 février 2008. Le monde est un grand quotidien français. Robert Badinter a été ministre de la justice et président du Conseil Constitutionnel. Dès lors on pourrait penser qu’il n’y a pas lieu de discuter ce qu’affirme un tel homme dans un quotidien d’une telle importance et d’un tel sérieux. Après tout, qui sommes nous pour mettre en doute la parole de cet homme, nous qui n’avons été ni ministres, ni membres du Conseil Constitutionnel. A moins que nos correcteurs ne soient issus de cette vénérable institution, ce qui serait pour le moins surprenant. Et pourtant, nous allons discuter cette affirmation. N’y voyez nullement ici l’outrecuidance d’une jeune juriste arriviste ; non plus une opposition frontale et systématique aussi bête que stérile. Ce n’est pas celà. La raison en est plus simple : la réflexion est comme l’air que je respire, elle m’est indispensable. Sans doute est-ce là le fardeau des esprits supérieurs. « Heureux les pauvres et les simples d’esprits car le royaume des cieux leur est ouvert » ; alors que la porte de ma voisine d'en face reste désespérément close!
On remarquera que l’affirmation de monsieur Badinter se compose de deux phrases. Et c’est très astucieusement que nous allons utiliser ces deux phrases, l’une après l’autre et dans l’ordre qui est le leur afin d’articuler notre argumentation. Ainsi nous verrons peut etre dans une première partie qu’une loi inconstitutionnelle n’est pas nécessairement mauvaise, ou en tous cas que ce point mérite d’être discuté. Puis nous verrons éventuellement dans une seconde partie ce que l’on peut dégager de la seconde phrase de monsieur Badinter. Il est souvent difficile de trouver aux parties des titres pertinents. Plutôt que d’utiliser un titre bancal à chaque fois, j’ai décidé que ledit titre n’aurait strictement aucun rapport avec le sujet traité, afin d’aller au bout de la démarche. Que le correcteur ne s’en offusque pas.
I- Résurgences de la pensée nietzschéenne dans l’oeuvre de Jean-Marie Bigard.
II- La fin d’un tabou : l’onanisme de groupe chez les bénédictins.
Protection internationale et européenne des droits de l’homme
Sujet 1 : les dérogations à la convention européenne des droits de l’homme en cas de circonstances exceptionnelles (l’articje 15 de la CEDH) (14 points)
Il y a de dérogations à la CEDH, à peu près autant que de circonstances exceptionnelles. La question rapportant 14 points, nous allons ici les énumérer, un peu à la manière des 14 points du président Wilson.
1- Un arbitre sifflant (ou ne sifflant pas !) un penalty décisif devant des supporters forcément alcoolisés n’est plus protégé par la CEDH . les traitements les plus dégradents peuvne tlui être infligés, comme d’être mis « aux chiottes » ou d’être, même, mis « à mort ».
2- En Italie, une personne coupant ses spaghetti ne saurait être protégée par la CEDH (là, clin d’oeil à Flora)
3- Les cours de musique au collège constituent une circonstance exceptionnelle. Les élèves sont obligés de subir le bruit produit par les 30 autres flûtes à bec présentes dans la salle. Comme les cours sont obligatoires, la CEDH ne peut rien pour eux. (là, clin d’oeil à EwokC).
4- En cas de guerre, un soldat ne peut invoquer la CEDH si ses supérieurs l’envoient à une mort certaine.
5- En cas d’attque thermonucléaire massive, on peut faire peu de cas de la CEDH.
6- Si l’on est le dernier être humain vivant sur Terre, après l’attaque thermonucléaire précédemment citée par exemple, on peut déroger à la CEDH.
7- Un journaliste enfermé dans les locaux de la DST et à qui l’on ordonne de livrer ses sources a peu de chances que la CEDH lui soit d’aucun secours. En tous cas en pratique ça se passe comme ça...
8- Entendre chanter Lara Fabion à un volume sonore dépassant l’entendement constitue bien évidemment une circonstance exceptionnelle. La CEDH ne s’applique pas et l’on se doit de la faire taire par tous les moyens à notre disposition, y compris les moins conventionnels (comme une attaque thermonucléaire, par exemple).
9- La CEDH ne protège pas les spectateurs de La Méthode Cauet.
10- La CEDH ne saurait protéger les personnes émettant un avis différent du mien.
11- Critiquer la nourriture de ma maman est une chose très grave. La encore, la CEDH ne vous sera d’aucun secours.
12- Vous pourrez invoquer la CEDH autant que vous le voulez, elle ne vous protègera pas si vous tentez d’arrêter un TGV lancer à pleine vitesse à la seule force de vos bras. Vous êtes prévenus.
13- La CEDH ne protège pas les personne osant remettre en question le talent (pourtant incontestable !) de PJ Harvey.
14- La CEDH ne vous protègera pas si vous faites du mal à mon chat. Non mais essayez, juste pour voir...
(note: je n'ai pas gardé trace de ma déconnade sur le sujet numéro 2 qui était "le droit à la vie inclut-il un droit à la mort?". Que mes fans me pardonnent. J'étais de toute façon moins inspiré. j'ai quand même dit qu'il serait plus cool que le droit à la vie donne un droit à ne pas mourir, que ça me semblait beaucoup plus logique.)
Orvert Latuile

